Animation du 3 juillet 2023 - Faune et Flore

, par Florence Cornu

Au programme : "Le balancier de la sauge des prés, la pollinisation vibratile, le mimétisme et autres astuces d’interaction entre les fleurs et les abeilles sauvages"

On vous avait promis de la faune et de la Flore, il y a eu du spectacle.
Un combat en direct, mais n’anticipons pas ... commençons cette visite.


Voici le Silène enflé ,
Marie-rose a commencé cette visite en jouant du « pétard » ( bon c’est de saison, nous sommes proche du 14 juillet). En fait c’est aussi le nom donné à cette plante puisqu’il est amusant de le faire éclater en pinçant son orifice, pour emprisonner l’air, avant de le frapper brusquement sur le dos de sa main. Eh bien sur, on l’a fait...
Ses racines partant de sa souche ligneuse peuvent pénétrer à une profondeur d’1 m.


direction la forêt

Sur le chemin, on ne résiste pas à s’arrêter pour sentir La clématite des haies, ou clématite vigne-blanche (Clematis vitalba).
Cette plante à petites fleurs blanc-verdâtre à l’odeur d’amande.
Elle est de la famille des Renonculacées et c’est une plante grimpante dont les Lianes sont très vigoureuses.
Elle est à suivre cet hiver car sa fructification devient duveteuse.

Orme de montagne
C’est un arbre forestier qui peut supporter des températures hivernales très basses.
L’espèce est considérée au niveau européen comme Vulnérable
Ses feuilles sont disposées de façon alterne, elles sont de forme simple (ovale à obovale), doublement dentelées sur leur contour, dissymétriques à leur base.

Caractéristiques de la feuille :
disposition : alterne
forme : ovale
contour : dentelé doublement
nervure : pennée
Elles sont rugueuses au toucher sur la face supérieure, elles sont molles et minces, courtement pétiolées, et présentent une nervation pennée (12 à 18 paires de nervures).


Cette grande tige à fleurs jaunes est Le séneçon

Attention plante toxique assez commune
Les séneçons sont considérés comme des adventices des prairies, notamment du fait de leur toxicité pour les herbivores en cas d’ingestion. Ils contiennent des substances toxiques qui détruisent les cellules du foie de façon irréversible. La présence d’alcaloïdes toxiques est dangereux pour le bétail et il l’est aussi pour de nombreux insectes et pourrait même se retrouver dans le miel.
Il ne faudrait pas que cette plante redoutablement invasive ne développe de trop avec les ruches que l’on a sur notre site.
Et puis, comme il y a désormais du fauchage sur le site de l’observatoire, celles ci peuvent contaminer le fourrage. Car si cette plante est peu attractive et ignorée des chevaux et du bétail ,du fait de son goût amer dans les pâturages. Son séchage dans le fourrage en diminue l’amertume et il peut être alors dangereux, voire fatal.
Cette espèce résiste bien aux incendies et diffuse dans le sol des substances toxiques pour ses voisines.


L’achillée millefeuille
L’achillée tire son nom d’Achille, qui aurait découvert et utilisé la plante pour guérir les blessures de ses soldats lors de la guerre de Troie.
L’achillée millefeuille peut etre utilisée pour soigner les plaies et blessures de toutes sortes.
Enfin, le nom de « millefeuille » lui vient de ce que sa feuille est très finement découpée et donne l’impression qu’il y en a mille là où il n’y en a en réalité qu’une seule.
Cette espèce fleurit durant l’été.

Ici on a affaire à une Carotte sauvage !

La carotte sauvage peut atteindre 80 cm de haut. De juin à septembre, elle se repère facilement grâce à son ombelle de petites fleurs blanches qui se referme et ressemble à un nid d’oiseau ou un petit panier lorsque les fruits sont mûrs à l’automne. Une petite fleur rouge sombre au centre de l’ombelle (c’est sa façon à elle d’attirer les insectes et ça fonctionne plus tôt bien), une tige velue et une odeur agréable sont trois arguments qui permettent de s’assurer que l’on a bien à faire à une Carotte sauvage !
La Carotte sauvage est décorative : elle donne un petit air de prairie champêtre au jardin et n’est pas envahissante ! Elle est aussi comestible


Souvenirs d’enfance... Fabrication de poupées avec les coquelicots

Nous croisons le Millepertuis perforé

Dans l’Antiquité, l’usage médicinal du millepertuis, en particulier pour soigner les blessures, est décrit dans les ouvrages de Pline et de Dioscoride. Au Moyen Âge, il est considéré comme une plante magique associée à la magie blanche et fait l’objet de maintes superstitions, surtout en Europe centrale. Appelé le “chasse-diable” ou le “fléau du diable”, il est réputé pour éloigner les esprits diaboliques et les sorcières. À cette époque, les formes de troubles mentaux (dépression, mélancolie, troubles anxieux…) sont en effet considérés comme des possessions diaboliques, si bien qu’il n’est pas rare jusqu’au XIXe siècle de trouver un bouquet de millepertuis accroché aux portes des granges, aux fenêtres des maisons, ou d’en porter sur soi la nuit de la Saint-Jean (période de sa floraison)

"mille trous", dont les feuilles semblent percées quand on les observe par transparence, mais qui en fait sont des glandes translucides, qui renferment une huile essentielle


Sur la prochaine photo, 2 fleurs : le bouton mauve est la Knautie des champs d’une part et de l’autre la tige avec des fleurs violettes est la sauge des prés.

La Knautie des champs ou Scabieuse des champs, est une espèce de plante herbacée vivace. Ses racines sont profondes et forment rapidement une grosse touffe.
Sa présence est caractéristique des prairies naturelles équilibrées en eau et en matière organique végétale.

Penchons nous maintenant sur le balancier de la sauge des prés

La sauge a des étamines à bascule ; lorsque l’insecte se pose sur la fleur, il appuie sur une sorte de petite pédale, ce qui fait basculer les étamines et les fait frotter contre le dos de l’insecte, déposant ainsi du pollen. Lorsque l’insecte se pose sur une autre fleur, il transporte le pollen de son dos jusqu’au stigmate

Un peu plus loin , vous pourrez voir une vidéo sur les abeilles sauvages, qui vous montrera ce basculement et donc l’ingéniosité de cette plante.

Si les abeilles disparaissent, il faudra faire ça à la main...

La nature a horreur du vide, voici comment le thym serpolet vient masquer les trous sur les routes de circulation dans l’observatoire.


Pendant cette visite bucolique, sur la terrasse, ça s’agite, les militaires, se préparent pour la sécurité des festivités du 14 juillet.


Le Demi-deuil (Melanargia galathea),
On a de la chance à l’observatoire, il y a de plus en plus de papillons. Celui-ci est de taille moyenne, il présente un damier noir et blanc.
Les œufs sont simplement abandonnés en vol par la femelle ou lâchés d’un perchoir. La chenille éclot environ trois semaines plus tard. Les larves grignotent quelques feuilles avant de chercher un abri pour l’hivernage. La chenille reprend son activité au printemps ; elle se nymphose fin mai, à proximité du sol.
La période de vol s’étend de mai à septembre en une seule génération

Crédit photo : Carine Briand

Notre ballade nous a menés vers les jardins, pour découvrir la pollinisation vibratile, le mimétisme et autres astuces d’interaction entre les fleurs et les abeilles sauvages.

Bourdons et tomates - Succès garanti
voici le secret...
https://youtu.be/u0DXvmoUpwo?list=TLGGUoZTKvWGRE8wNDA3MjAyMw

Ce type de pollinisation, utilise la capacité de certaines espèces d’abeilles à faire vibrer les fleurs, ce qui permet d’assurer une meilleure pollinisation. Ces espèces sont capables de faire vibrer leurs muscles thoraciques, entrainant la vibration des étamines, ce qui permet de libérer le pollen pour des étamines qui ne s’ouvrent que par un pore étroit au sommet.

Pour plus d’info sur les interactions entre les fleurs et les abeilles sauvages mais aussi leurs comportements - suivez ce lien
https://www.youtube.com/watch?v=RQscYtG1vhM

Vous comprendrez ainsi le combat qui va suivre... et qui nous a tous scotchés.
L’abeille prépare soigneusement l’angle attaque, puis fonce à une vitesse époustouflante sur l’indésirable à ses yeux.
L’une des vidéos fait 26" et l’autre 3’41" vous verrez ainsi plusieurs attaques.
Le coupable est une abeille solitaire mâle, l’anthidie à manchettes ou abeille cotonnière.


L’anthidie à manchettes est spectaculaire par la rapidité de son vol, surtout celui des mâles, qui adoptent périodiquement un vol stationnaire à l’approche des fleurs et des femelles. Le mâle se distingue de la femelle par sa taille, ses pattes poilues et les deux derniers tergites de son abdomen qui portent de longues épines.
Ces épines lui servent à attaquer violemment les intrus car Monsieur a mauvais caractère et ne supporte aucun rival sur son territoire qu’il parcourt inlassablement. Patrouillant en tous sens en bourdonnant nerveusement, il se jette brutalement sur les concurrents ou sur une femelle anthidie pour un bref accouplement.


En arrivant vers la cantine, nous avons levé les yeux pour regarder les frênes

Frêne
C’est un arbre élancé au houppier en forme de voûte aérée qui aime les sols frais et humides, et que l’on retrouve par conséquent le long des cours d’eau. Ses feuilles sont parmi les dernières à pousser au printemps et arrivent après les fleurs.
Les périodes de sécheresse et de forte chaleur se font de plus en plus fréquentes. Les arbres absorbent de l’eau et transpirent (comme les humains), donc réduire cette transpiration, c’est une façon pour l’arbre d’économiser l’eau. Moins de transpiration, c’est moins de photosynthèse donc une croissance bridée. Les arbres vont aussi chercher à économiser l’eau en sacrifiant des feuilles qui vont se dessécher. Ils vont développer d’avantage leur racines, plus utiles pour capter l’eau, que les branches. Certains arbres vont dépérir de manque d’eau.
Si la situation se reproduit souvent, l’arbre va s’épuiser, car il manque de carbone, mais cela va prendre des années. Un arbre fatigué, c’est un arbre plus sensible aux maladies, aux insectes (dont certains n’attendent que ça pour l’attaquer). Autre risque : l’embolie gazeuse, les arbres vont pomper par leur racines de l’air dans leur circuit de circulation d’eau. Ce sont ces bulles d’air qui empêchent la circulation de l’eau et font mourir l’arbre.
Certaines espèces d’arbres s’adaptent plus facilement au manque d’eau, c’est le cas des conifères, mais le frêne ou le chêne souffrent particulièrement de ces épisodes répétés de sécheresse.
Ici on voit que nos frênes qui étaient beaux au printemps, souffre énormément et nous ne sommes que début juillet…


C’est ici que s’arrêtait la visite.

Eh ! Ratatouille était bien mal en point devant la cantine... Bon appétit...
Il nous reste à remercier une nouvelle fois Marie-Rose pour sa gentillesse et toutes ses explications sur la faune et la flore se trouvant sur le site de l’observatoire.
C’était une parenthèse enchanteresse.
Crédit photos : Florence Cornu